Joël Huguet

Artiste, Sculpteur, Apprenti photographe

L'artiste

Je considère la création comme un état de liberté. Créateur marginal et autodidacte, je suis inspiré par le Land art : transformation éphémère de ce que produit la nature.

Au cours de mes promenades d’ici ou d’ailleurs, je me plais à modifier l’état de ces produits vers une métamorphose improbable. Le temps est suspendu à un souffle, l’esprit détendu est proche de la méditation. La sensibilité de l’atmosphère qui m’entoure crée de voluptueuses émotions. L’aboutissement momentané ne laisse qu’un souvenir furtif, parfois un cliché, avant que l’oeuvre ne retourne à son état initial. La trace de l’interprète s’efface et le met face à la brièveté, la fragilité de tout état, de toutes choses, face à l’espace et au temps.

Au travers de certaines de mes réalisations, je cherche à pérenniser cet équilibre au-delà d’un battement de cil. D’autres sculptures sont en quelque sorte le reflet de cette continuation du Land art. Bien que des éléments usinés soient utilisés, je m’efforce de rester dans la même ambiance. Les objets de récupération quej’emploie prennent une autre dimension. Sortant de leur usage, ils se retrouvent dans un autre contexte que leur destination initiale, créant ainsi une mise en valeur imprévue. Lorsque j’ai terminé une oeuvre, elle ne m’appartient plus. Je l’ai fait naître, il convient aux autres de la faire vivre.

Mes photos témoignent de mon observation de la nature lorsqu’elle nous fournit ses propres oeuvres, quand l’oeil avisé parvient à les débusquer, ou quand elle modifie dans son espace ce qu’a créé la main de l’homme.

Joël.

Fils du vent et des grands espaces, Joël Huguet appartient à la race des oiseaux qu’on ne met pas en cage.

Il remonte les torrents, crapahute les flans des montagnes, arpente les plages de l’Ecosse à la Bretagne, sillonne la Corse et les pentes des Alpes. L’œil acéré, le regard aux aguets, il recherche des galets, des bois flottés, des troncs d’oliviers, des pierres aux strass imprimés comme des bas-reliefs qu’il transporte à bout de bras, sur ses épaules ou au fond de son sac à dos jusqu’à son atelier où tous ses trésors sont accumulés. Mais tout ne se déplace pas, il braque alors son objectif pour capter les images de ces instants de pur émotion qu’un rayon de lumière peut dévoiler à celui qui sait regarder. Revenu dans nos paysages urbains, il se désespère de tout notre gâchis et se fait le roi de la récupération en repérant tous ces objets voués à la destruction,.pour les mettre à l’abri d’un tel sacrilège. Dans sa caserne d’Ali Baba, il ponce, décape, polit, empile, incruste, enchaîne, superpose, embroche, peint,, colle selon son inspiration, suivant les contours de son imagination, En pur autodidacte, il suit son instinct qu’aucun académisme ne vient troubler, seules ses solides connaissances des matériaux lui permettent da manier le bois et les métaux, les pierres et les matières composites avec le savoir faire des pro. Une à une les sculptures naissent. Les pierres deviennent des vigies, l’olivier brille des toutes ces chaînes, le tronc devient femme girafe.

Joël Huguet n’a pas fini de nous surprendre, son atelier regorge de trésors qui ne demandent qu’à prendre vie sous la baguette de ce magicien

Pierrette Godde

Presidente de l’association Les murs de la Tuillière